Séparation de l’Église et de l’État

En Île-de France, 456 églises et chapelles – dites diocésaines – sur les 1740 lieux de culte que compte la région sont à la charge de l’Église. Cela signifie que tous les travaux de ces édifices construits après 1905 sont entièrement financés par elle et non pas, selon une idée communément reçue par l’État… ou le Vatican ! A cela s’ajoute des milliers de bâtiments paroissiaux.

Chiffres clés

1905 Loi de séparation de l’Église et de l’État
65 % des églises de la Seine-Saint-Denis sont à la charge du diocèse
451 églises sont entièrement à la charge de l’Eglise en Île-de-France

« Restaurer notre patrimoine, entretenir nos églises, en construire de nouvelles, c’est donner un signe visible de notre engagement. » Monseigneur Eric Aumonier

Propriété des associations diocésaines

Contrairement à une idée reçue, le financement des travaux de rénovation des églises n’est pas toujours assuré par l’Etat. Toutes les églises et bâtiments paroissiaux construits après 1905 sont de propriété des associations diocésaines (quelques exceptions avaient été bâties avant 1905, comme l’église Notre-Dame d’Alfortville pour laquelle les Chantiers du Cardinal ont financés d’importants travaux). Elles sont donc entièrement à la charge de l’Église. On compte en France 1951 églises diocésaines dont 456 en Île-de-France.

Le 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l’État. Cette loi stipule dans son article 2 : «La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte…».

Cette loi a eu pour conséquence que tous les biens détenus (immobilier et mobilier) précédemment par les Églises deviennent la propriété des collectivités publiques. Celui-ci se réserve le droit de les confier gratuitement aux représentants des Églises en vue de l’exercice du culte. En ce qui concerne, les lieux de culte catholiques, il reste à la charge des catholiques l’aménagement intérieur, en particulier ceux liés au culte. Par exemple, l’État assure la restauration de la façade occidentale et des trois portails sculptés de la basilique cathédrale Saint-Denis mais le projet d’aménagement du chœur  est financé par l’association diocésaine de Saint-Denis (avec le soutien des Chantiers du Cardinal pour 40 000 €).

chœur cathédrale Saint-Denis

Projet de l’aménagement du chœur de la cathédrale Saint-Denis

Les travaux d’entretien comme les peintures sont à la charge de l’affectataire (Église catholique) comme ils le seraient à la charge d’un locataire. Bien qu’appartenant à la commune, certaines églises peuvent nécessiter de très importants travaux intérieurs. Cela a été le cas à Notre-Dame de Malakof.

Propriété des associations diocésaines

Les édifices religieux, construites avant 1905, sont dits « communaux». A ce titre, les communes s’engagent à assurer tous les travaux afférents au propriétaire d’un bien. Les Eglises ne devront plus assurer que l’entretien courant de ces édifices.

Aucune subvention de l’État

On compte en France 42 258 églises et chapelles. 40 307 sont de propriété communales et 1 951 sont de propriété diocésaines, soit 4,8 %. En Île-de-France, la proportion est toute différente. Sur les 1740 églises et chapelles, 456 sont de propriété diocésaine, soit 26 %.
C’est grâce à la générosité des donateurs et à la solidarité interdiocésaine, fondement de l’œuvre, que de nombreux projets voient le jour. En effet, au même titre que les diocèses, les Chantiers du Cardinal ne reçoivent aucune subvention de l’État. L’œuvre n’agit que parce que des hommes et des femmes savent combien il est important de manifester une présence chrétienne dans la ville.

65 % des églises de la Seine-Saint-Denis sont à la charge de l’Église

Eglise de Noisy-le-Sec (93) avant-après

Eglise de Noisy-le-Sec (93) avant-après

Les disparités sont importantes entre les différents diocèses d’Île-de-France. Un diocèse peu favorisé comme le diocèse de Saint-Denis a à son entière charge les travaux de propriétaire de 65 % des églises et chapelles du département. Le diocèse denanterre Versailles n’est quant à lui propriétaire que de 22 %.

  • Le diocèse de Paris (75) comprend 113 églises : 31 sont diocésaines et 81 églises sont communales. La cathédrale Notre-Dame de Paris est possession de l’État.
  • Le diocèse de Meaux (77) comprend 525 églises : 46 sont diocésaines et 479 sont communales.
  • Le diocèse de Versailles (78) comprend 287 églises : 62 sont diocésaines et 227 sont communales.
  • Le diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes (91) comprend 253 églises : 56 sont diocésaines et 197 sont communales.
  • Le diocèse de Nanterre (92) comprend 82 églises : 48 sont diocésaines et 34 sont communales.
  • Le diocèse de Saint-Denis (93) comprend 117 églises : 76 sont diocésaines et 40 sont communales. L’État possède la basilique-cathédrale de Saint-Denis.
  • Le diocèse de Créteil (94) comprend 136 églises : 88 sont diocésaines, 48 églises communales.
  • Le diocèse de Pontoise (95) comprend 225 églises : 49 sont diocésaines et 176 sont communales.

10 nouvelles églises avec le soutien des Chantiers du Cardinal

Eglise Saint-Pierre

La nouvelle église Saint-Pierre à Saint-Pierre-du-Perray (Essonne).

Selon la loi de séparation, les constructions d’églises post 1905 sont également à la charge de l’Eglise. Sur l’ensemble de la France, 1886 églises ont été construites par les diocèses – entièrement à leurs frais. En Île-de-France, plus de 300 églises ont été construites avec le soutien des Chantiers du cardinal.
Depuis 2012, 10 grands projets de lieux de culte catholiques dans les nouveaux quartiers sont financés avec le soutien des Chantiers du Cardinal. C’est le Grand Paris de l’Eglise. En photo, la nouvelle église Saint-Pierre à Saint-Pierre-du-Perray (Essonne).
Seuls les édifices bâtis avant 1905 et dont la reconstruction s’avère nécessaire sont financés par les mairies. C’est le cas de Notre-Dame-du-Rosaire aux Lilas (Seine-Saint-Denis) en 2009. Par contre, tout l’aménagement intérieur était à la charge du diocèse et de la paroisse.
La générosité des donateurs, indispensable pour financer l’ensemble de ces travaux, est récompensée puisque 66 % des dons aux associations diocésaines sont déductibles des impôts.

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