Ensemble, préservons le patrimoine religieux

Rénovation technique et patrimoniale de l’église Notre-Dame-des-Foyers (75019)

Architecte Emanuele Romani
Coût total 630 000 € (Tranche 1 sur 3)
Notre contribution Tranche 1 : 300 000 €
Fin du chantier 30/11/2026

La rénovation de Notre-Dame-des-Foyers débute en 2026, année propice pour l’embellissement de cette église contemporaine, puisqu’elle fête le 60e anniversaire de sa construction. Cela contribuera à revaloriser la présence catholique dans ce quartier populaire et multiculturel du 19e arrondissement.

Nef de l’église ©ADP

Localisation

Vue de la façade rue de Tanger

L’église Notre-Dame des Foyers, dont la construction a été financée notamment par les Chantiers du Cardinal, fête ses 60 ans en 2026. Cette église de 350 places s’insère dans un quartier populaire et multiculturel du XIXe arrondissement de Paris, jadis occupé par des usines (sucreries, plâtreries, fabrique de colles et de vernis), des ateliers (savonneries, huileries, corderies), des entrepôts et quelques maisonnettes. Elle est remarquable par sa forme, se rattachant au mouvement « brutaliste », par son histoire liée à l’évolution du quartier, par ses matériaux (principalement le béton armé, le parpaing) et sa charpente en éléments préfabriqués. Elle a cependant vieilli.

L’intérieur, un vaste volume où la lumière converge vers l’autel et la croix, mais où le béton brut des murs latéraux, a été occulté par un crépi.

Historique de l'église

Depuis la fin de sa construction en 1966, l’église a connu quelques rénovations ou aménagements, notamment après la création de la paroisse en 1994, il y a un peu plus de 30 ans. Cet anniversaire a d’ailleurs été fêté en présence de Mgr Laurent Ulrich le 1er décembre 2024.

Ainsi, un faux-plafond a été posé dans les années 80, les murs intérieurs ont été crépis en 1999, un orgue a été installé en 2001, les étanchéités ont été revues en 2003, les éclairages en 2004 et le mobilier liturgique a été modifié en 2013.
En 2014, avec l’aide des Chantiers du Cardinal, un campanile a été construit et le ravalement extérieur a été réalisé. Enfin, la chaufferie a été rénovée en 2024.

L’intérieur avec sa tribune et son orgue est éclairé par des vitraux aujourd’hui en très mauvais état.

État des lieux des défis architecturaux

Le temps a fait son œuvre sur cette église construite à l’économie. Dès son arrivée, le Père Jérémy Rigaux, curé de la paroisse, s’en est aperçu et a été confronté à une masse de problèmes liés à la dégradation du bâti, principalement à une multiplication des infiltrations. Il faut selon ses termes « prendre les problèmes à bras le corps » et sauver l’église, « très belle et de plus en plus visitée ». Ce « lieu de beauté dans un quartier difficile » devait être préservé.

La façade donnant sur le jardin public attenant est envahie par la végétation et peu visible.

Certes, les façades paraissent en bon état général mais la charpente et la couverture sont marquées par des défaillances problématiques et récurrentes. En effet, la rouille faisant exploser le béton, les parties enterrées souffrent d’infiltrations en provenance d’un parvis misérable. L’intérieur est devenu « illisible ». Les lieux restent mal éclairés, le baptistère est devenu inaccessible et caché par une importante végétation, la tribune mal aménagée, ses vitraux dégradés et le mobilier usé. Plus problématique, l’église demeure inaccessible aux personnes à mobilité réduite depuis la rue et l’accès depuis le parc attenant est hors normes. Un audit architectural et patrimonial global a confirmé tout cela.

Sur le faux-plafond et l’entrée latérale droite, les infiltrations sont devenues bien visibles.

 

Les châssis de vitrail sont corrodés.

 

On remarque aussi la rouille des fers du béton armé non occulté par le faux-plafond.

De nombreux lieux concernés par les travaux

L’affaire à traiter est complexe : les hauteurs importantes impliquent des échafaudages élevés, d’autant que l’ensemble immobilier ne se limite pas à l’église. Le premier étage intègre en effet des logements. Quant au rez-de-chaussée, il comporte une bibliothèque, une chapelle, une sacristie, des bureaux et des sanitaires ainsi qu’un baptistère, sorte d’excroissance ronde complètement cachée de nos jours et servant à des stockages.

Le baptistère, entouré d’une végétation en friche, est devenu un débarras.

Sous l’église se trouve une crypte, de la même taille que l’église. Elle accueille aujourd’hui, à l’issue de précédents travaux de cloisonnement financés par les Chantiers du Cardinal, 5 salles de réunion pouvant être mises à disposition, des bureaux, des espaces de stockage, des sanitaires et des locaux techniques. Elle est desservie par un double escalier monumental en béton, l’une des volées ayant été aménagée afin d’installer une plateforme élévatrice pour permettre aux personnes à mobilité réduite d’y accéder.

Un des escaliers menant à la « crypte » et son élévateur.

Une des salles paroissiales du sous-sol.

Un diagnostic et un projet

En janvier 2024, Armelle Brepson, architecte du patrimoine, a réalisé un diagnostic historique et technique complet et détaillé, listant les priorités. Un projet de réhabilitation a donc été défini en liaison avec le Père Jérémy Rigaux, curé de la paroisse.

Ont été jugés primordiaux une rénovation et une mise en conformité des accès, un traitement des pathologies destructrices du bâtiment, une réfection du parvis, la restauration des vitraux et de la verrière zénithale, la réouverture des puits de lumière condamnés, la dépose du faux-plafond, la mise en œuvre d’un système d’affaiblissement sonore, la réfection des réseaux électriques, la rénovation des éclairages, la restauration de la matérialité des bétons, la régulation du chauffage, le traitement des châssis métalliques corrodés, le désamiantage des mastics et l’isolation de la toiture fuyarde.

L’ampleur des travaux impliquant cependant un phasage et un cofinancement.

Un chantier en trois phases

La première phase consiste à traiter l’étanchéité du parvis, stopper effondrement du mur de clôture, mener une action préventive sur le baptistère et sauver les vitraux de la tribune, le plus gros poste de cette tranche.  Il convient aussi de mettre en conformité l’entrée depuis le parc par un changement des portes. Et d’assurer l’évacuation incendie de la crypte, re-étancher la toiture fuyarde des locaux paroissiaux adjacents et mettre en valeur l’architecture de l’église par un éclairage adapté.

Cette première phase a été estimée à 630 000€ TDC (toutes dépenses confondues). Lors de leur conseil d’administration de Juillet 2024, les Chantiers du Cardinal ont décidé de financer cette tranche à hauteur de 300 000€. Les travaux ont commencé en juin 2026, et la fin de cette première phase est envisagée pour novembre 2026.

Les phases ultérieures n’en seront pas moins lourdes. La phase 2 consistera à éco-rénover la toiture principale au-dessus de la nef, à supprimer le faux-plafond et retrouver les puits de lumière. Ceci entraînera sans doute une fermeture de l’église, au moins partielle durant l’été 2027.
La phase 3 permettrait l’aménagement du baptistère et à la restauration de la matérialité des bétons de l’intérieur de l’église, jadis bruts.
Tout ceci reste à préciser et surtout à financer. Les dons seront indispensables car pour l’heure, les moyens sont insuffisants.

Malgré ces perspectives incertaines, les paroissiens, très fiers de leur église, sont confiants. Ils soutiennent leur curé face à l’ampleur du chantier et remercient les donateurs des Chantiers du Cardinal.

Messe des 30 ans de la paroisse Notre-Dame-des-Foyers célébrée par Mgr Ulrich le 1er décembre 2024, dans une église comble.

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