évry : une cathédrale pour le XXe siècle

Le 7 avril 1996, jour de Pâques, les catholiques du diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes se rassemblaient pour la première fois dans leur nouvelle cathédrale. Un monument imaginé par Mario Botta, à l’architecture audacieuse, et qui marque encore aujourd’hui le paysage urbain.

Une cathédrale pour un diocèse

Lorsqu’il arrive dans son diocèse en 1978, monseigneur Guy Herbulot, évêque d’Évry, souhaite le doter d’une nouvelle cathédrale. Jusque là, ce diocèse jeune (il est créé en 1966 comme ceux de Nanterre, Saint-Denis et Créteil) disposait de la cathédrale Saint-Spire à Corbeil-Essonnes. Mais la ville d’Évry est devenue la préfecture. C’est la ville nouvelle qui se développe et l’évêque aimerait qu’une nouvelle cathédrale y soit bâtie, là où se trouve déjà la maison diocésaine. Les premières esquisses sont lancées, le projet prend forme dès 1988. En 1990, une maquette est présentée au pape Jean-Paul II à Rome.

Vue de la cathédrale de la Résurrection d’Évry (Crédit Konräd Hadener/CC)

La cathédrale sera construite au centre-ville, près de l’hôtel-de-ville, de la gare, d’un centre commercial et de l’université. Car pour monseigneur Herbulot, il n’est pas question que les catholiques ne se montrent pas. La « théorie de l’enfouissement », qui a longtemps dicté les constructions d’édifices religieux, a fait long feu. Sa cathédrale doit se voir, l’Église est présente et visible. Les Chantiers du Cardinal sont sollicités par le diocèse pour financer une partie de la construction de l’édifice.

Mario Botta, le cylindre et les briques

L’architecte suisse Mario Botta, déjà en charge de l’aménagement d’une partie du centre-ville, est désigné pour dessiner la cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien. Il imagine un plan circulaire de 38 mètres de diamètre. Une église en briques artisanales de Toulouse (un matériau très utilisé par l’architecte), dont le sommet est coupé en biseau. Le cylindre culmine à 34 mètres de hauteur, et 24 tilleuls argentés rythment le toit de cet édifice particulier. Un campanile métallique surmonté d’une croix porte 5 cloches; s’il paraît presque fragile, il est solidement fixé !

La cathédrale d’Évry a été dessinée par Mario Botta. (tongeron91/CC)

Face à la cathédrale, sur la place des Droits de l’Homme, la maison diocésaine et le couvent de la croix et de la miséricorde complètent l’ensemble. L’architecte a également réalisé un ensemble d’immeubles (dont le centre pastoral et un square) autour de la cathédrale pour qu’elle s’insère bien, dans un quartier dont la majorité des bâtiments publics sont aussi recouverts de briques.

24 tilleuls sont installés sur le toit de la cathédrale d'Evry. (Crédit ADECE)

Les 24 tilleuls sont installés sur le toit de la cathédrale d’Évry. (Crédit ADECE)

Kim-En-Joong et Gérard Garouste

S’il y a bien un chœur, un déambulatoire et des chapelles, l’intérieur de la cathédrale d’Évry n’est pas tout à fait comme une église traditionnelle. Les fidèles peuvent entrer par trois portails différents, ils ont donc une vue différente selon l’entrée choisie. Le toit vitré, très lumineux, donne un éclairage particulier et met en valeur les œuvres d’art qui sont parfois exposées à l’intérieur.

Comme dans toutes les églises, cette cathédrale a des vitraux. Ils ont été réalisés par le dominicain Kim-En-Joong. Douze vitraux colorés qui symbolisent (sans les représenter) les douze apôtres. Le chemin de croix est matérialisé par trois morceaux de bois pétrifié. Un escalier dit « au pas de l’âne » permet de descendre doucement (au pas d’un âne donc !) dans la nef puis le chœur.

En entrant dans la chapelle de jour, il faut aussi regarder les statues réalisées par le peintre et sculpteur Gérard Garouste.

Monseigneur Michel Pansard, évêque du diocèse d’Évry, lors d’une célébration dans la cathédrale. (ADECE)

« Vous serez les vrais bâtisseurs de l’Église, temple spirituel, si vous portez la Bonne Nouvelle à toutes les nations, si vous entrez en dialogue avec vos frères de différentes origines et de différentes cultures » Jean-Paul II

Une visite pastorale du pape

Le 7 avril 1996, jour de Pâques, les fidèles se pressent pour entrer dans leur nouvelle cathédrale enfin achevée.  Elle est dédicacée en mai 1997 par monseigneur Herbulot et l’évêque auxiliaire de Munich-Freising, ainsi que de nombreux prêtres du diocèse.

Quelques mois plus tard, le pape Jean-Paul II, à l’occasion de sa venue en France pour les Journées Mondiale de la Jeunesse, se rend à Évry pour une visite pastorale.

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