
De gauche à droite : Sophie Laurant, membre du jury, Christian Brunel-Laurent, Commission Diocesaine d’Art Sacré, et Vincent Pourquery de Boisserin, vice-président des Chantiers du Cardinal (©Louise Allavoine / Le Pèlerin)
Pour sa 35ème édition, le 18 novembre 2025, les Chantiers du Cardinal se sont retrouvés avec leurs pairs, tous engagés dans la préservation et la sauvegarde du patrimoine religieux en France et à l’étranger. L’occasion de mettre en lumière les projets soutenus par les organisations partenaires et mécènes de ce Grand Prix. Rendez-vous est donné à la Cité de l’Architecture, au Trocadéro à Paris, où les lauréats et leurs bienfaiteurs sont accueillis par Philippe Bonnet, président du jury et conservateur en chef du patrimoine : « Sauvegarder et transmettre, c’est l’esprit de ce concours qui a reçu cette année le nombre record de cent trente dossiers », a-t-il souligné.

Vincent Pourquery de Boisserin remet le prix de la Création et de la Rénovation d’Eglises à Christian Brunel-Laurent, porteur du projet
La cérémonie a permis à chaque lauréat accompagné de son mécène de présenter son projet sur scène, le tout ponctué d’intermèdes musicaux exécutés par le pianiste Jean-Baptiste Bailly et Matthew Baker, sur un instrument à cordes assez rare, mais ô combien agréable à écouter, un baryton.

Intermèdes musicaux de Jean-Baptiste Bailly et Matthew Baker (©Louise Allavoine / Le Pèlerin)
Un projet Art-Déco pour les Chantiers du Cardinal
Dans cette œuvre primée, on découvre qu’Henri Marret a choisi d’illustrer sur un tympan de l’église, le martyre des saints patrons de la paroisse, Saint Laurent et Saint Hippolyte, au centre de la composition. C’est cette œuvre dont les Chantiers du Cardinal vont soutenir la restauration par ce Grand Prix. Vincent Pourquery de Boisserin, Vice-Président des Chantiers du Cardinal, remet le prix à Christian Brunel-Laurent, de la Commission d’art Sacré du Diocèse de Paris, en charge de cette restauration.

Le tympan de l’église Saint-Hippolyte, chef d’œuvre Art-Déco d’Henri Marret (©Joseph Melin)
Une œuvre évocatrice
« On y voit saint Laurent, diacre du IIIème siècle, qui subit le martyre, torse nu sur un gril, entouré de flammes et, en partie inférieure, le corps allongé de saint Hippolyte, son gardien de cellule, qui occupe tout l’espace au-dessus de lui. Deux chevaux prennent place de part et d’autre en épousant la forme triangulaire du tympan. La scène du martyre est d’une rare violence : saint Hippolyte, presque entièrement dénudé, est attaché par les membres à des traverses tirées par les chevaux lancés au galop. À l’arrière-plan se dresse saint Laurent dans les flammes, dont le martyre aurait conduit à la conversion d’Hippolyte, » explique Christian Brunel-Laurent.
L’église Saint-Hippolyte a été construite de 1909 à 1924 par l’architecte Jules-Godefroy Astruc. Elle a été consacrée à saint Hippolyte en référence à Hippolyte Panhard, qui a donné le terrain ancien l’emplacement des usines Panhard, ainsi qu’à l’ancienne église Saint-Hippolyte qui est située dans le nord de l’arrondissement.
Un art difficile à maîtriser et de l'innovation
« L’art de la fresque est une technique difficile dans l’exécution : elle doit être rapide et la palette de couleurs est assez restreinte. Technique utilisée depuis l’Antiquité, elle consiste à poser sur un enduit frais, des pigments colorés en un temps limité ; tellement limité, que l’on aperçoit encore les doigts du maçon sur la croupe du cheval de gauche immortalisée dans l’enduit. Marret innove en utilisant le ciment, le matériau moderne de l’entre-deux-guerres lui permettant d’ajouter une couleur à sa palette : le gris que l’on retrouve dans la robe des chevaux. Aujourd’hui la fresque a subi les affres du temps, les couleurs sont passées, le glacis qui protégeait l’œuvre s’est effacé et la pollution a provoqué un encrassement général. Sa restauration redonnera à cette œuvre son éclat et nous permettra d’apprécier ce monument insigne de l’art sacré des années 30, » conclut Christian Brunel-Laurent.

Vincent Pourquery de Boisserin, vice-président des Chantiers du Cardinal
Les Chantiers du Cardinal, mécènes du Prix de la Création et de la Rénovation d’églises en Île-de-France, financent ainsi cette restauration d’un montant de 10 000€ et se réjouissent par la voix de leur Vice-Président de « pouvoir ainsi préserver, mettre en valeur et faire connaître ce patrimoine religieux, grâce à la générosité de leurs donateurs. »