Un chef d’œuvre méconnu
L’église a été construite sur les lieux d’une petite chapelle fondée à la fin du XIXème siècle par les religieux de Saint-Vincent-de-Paul, pour répondre à l’appel du curé de Notre-Dame de Clignancourt en faveur de la population ouvrière très pauvre du quartier. L’église présente un plan simple, une nef unique, et une décoration minimale. A l’origine il n’y avait pas de vitraux pour orner et éclairer l’église. Même aujourd’hui, pour reprendre les termes de Caroline Morizot, « les lieux n’en font pas, à première vue, un chef-d’œuvre de l’architecture sacrée parisienne. »

8 des 13 baies réalisés par les Ateliers Mauméjean pour Notre Dame du Bon Conseil
Pourtant, l’église abrite un ensemble exceptionnel de vitraux. Il a été commandé et financé par les paroissiens dans les années 1930. C’est la célèbre maison Mauméjean, de renommée internationale, qui a été chargée de la réalisation de presque toutes les baies. Fondée en 1868 à Pau par Jules Mauméjean, leur père, Léon et Charles, dit Carl, deux des quatre enfants de Jules, tous verriers, ont créé les verrières que l’on peut voir aujourd’hui.
Les trois vitraux du chœur avec, Notre-Dame du Bon Conseil (au centre), Notre-Dame de Lourdes (à droite) et Notre-Dame de la Salette (à gauche), sont de la main du fondateur de la dynastie Mauméjean. Avec le vitrail de la Vierge de la Médaille miraculeuse, le premier à gauche dans la nef, ce sont les quatre vitraux d’origine. Tous les autres, sauf un datant de 1936, sont postérieurs à la deuxième guerre mondiale. Ils remplacent ceux qui ont été soufflés lors d’un violent bombardement allié sur la gare de triage de La Chapelle, les 20 et 21 avril 1944, non loin de l’église.

Le quartier de Notre Dame du Bon Conseil après les bombardements d’avril 1944 (©DR)