Ouverture du café paroissial de Saint-Mandé

Ouvert depuis quelques semaines, le café paroissial de Saint-Mandé (Val-de-Marne) reçoit ses premiers clients. Les bénévoles qui animent cet espace, La Canopée, rencontrent des personnes du quartier et d’ailleurs pour partager le message du pape François.

Un café paroissial et vert

Ne cherchez pas de bagel saumon-avocat sur la carte du café paroissial de Saint-Mandé (94), il n’y en a pas. « Nous avons plutôt du chou rouge ou blanc, ce n’est pas encore le moment des tomates, détaille Domitille Monville, salariée de l’établissement. Nous privilégions les ressources locales et éco responsables. » Ainsi les fruits et légumes (de saison) sont achetés à un producteur d’Île-de-France. Consommer local, c’est prendre soin de  “notre maison commune” et donc répondre à l’appel du pape François dans son encyclique Laudato Si. Avec sa devanture verte, son nom – La Canopée – et les plantes sur la terrasse à l’étage, le café paroissial donne le ton dès l’entrée : ici, une grande attention est apportée à l’environnement. Et tout cela est expliqué aux clients qui franchissent les portes vitrées du nouvel établissement.

Pour certains, les catholiques paraissent… poussiéreux, regrette Domitille Monville. C’est important de donner une image moderne et dynamique. ” Cette gérante d’un restaurant parisien a fait le choix de rejoindre ce projet paroissial. Pour montrer qu’être croyant « c’est être dans le concret ». Comme le pape François. “Il est dans l’actualité, il colle aux préoccupations de la planète! J’espère que c’est par notre ouverture, notre sourire et notre accueil que les gens vont voir comment nous sommes.

Domitille Monville, salariée du café La Canopée à Saint-Mandé. (Crédit CDC)

Un lieu pour d'accueil pour tous

Ouvert au début du mois d’avril, le café est située dans la principale artère commerçante de la ville. En plein confinement, comme les autres restaurateurs, l’équipe commence par de la vente à emporter. Vous prendrez donc votre café serré ou allongé dans un gobelet en carton. Ce temps un peu spécial est mis à profit par l’équipe pour se rôder, car à part Domitille Monville, les 40 personnes qui font tourner l’établissement sont toutes bénévoles. « De 20 à 80 ans ! ” tient à préciser Véronique. “On travaille ensemble pour un projet commun, et cela correspond à ce que demande le pape François : rester un lieu d’accueil pour les jeunes… et les moins jeunes !” Cette paroissienne de Saint-Mandé fait déjà partie de l’équipe d’accueil au fond de l’église Notre-Dame, à côté de La Canopée. Elle a décidé de donner aussi un peu de son temps ici. « Je ne connaissais rien à la restauration, sourit-elle, on a suivi une formation pour utiliser la machine à café ! 

Les produits vendus au café proviennent en majorité d’Île-de-France. (Crédit Gil Fornet/CDC)

Derrière le comptoir, Véronique et Bénédicte réfléchissent à la meilleure recette pour les gâteaux qui seront servis l’après-midi. Un peu plus tôt c’est Jacques, rentrant du parc avec sa petite-fille, qui passe prendre une boisson. “Mes enfants viennent de s’installer ici, et ma mère centenaire habite Vincennes, explique-t-il. J’ai vu que le café ouvrait, je trouve que c’est accueillant.” Comme pas mal de clients, Jacques attend la permission d’aller s’assoir dans les gros fauteuils du rez-de-chaussé ou, mieux encore, de prendre le soleil sur la terrasse à l’étage. “On a besoin de lieux comme cela pour se retrouver, après avoir été confinés.” Il ajoute: “Et savoir que ce café est ouvert par la paroisse et… financé par les Chantiers du Cardinal, c’est une innovation extraordinaire ! 

[VOIR] Le projet de construction du café

Rencontrer Dieu sur la terrasse du café

Toute le ville est impactée par le café, fait remarquer le père Arnaud Bonnassies, le curé de la paroisse. On n’avait pas prévu cela ! C’est une surface de rencontres.” Si le maire ou les avocats du cabinet voisin passent volontiers chercher leur déjeuner, des membres de la communauté juive – très implantée à Saint-Mandé- ont aussi poussé les portes de La Canopée. Laquelle est déjà à la mode sur… les réseaux sociaux. “Dernièrement, une influenceuse sur Tik Tok [une jeune femme qui fait de la promotion sur les réseaux sociaux] m’a contacté parce qu’elle et ses amis ont entendu parler de la terrasse ! ” L’influenceuse rencontrera-t-elle Dieu au café ? “On ne se serait pas parlé dans d’autres circonstances, analyse le curé, et quand elle aura besoin de faire appel à l’Église, elle saura que c’est proche. Je ne dis pas que cela fait rentrer les gens dans l’église, mais ça rapproche.

[LIRE] Un café pour rassembler les jeunes et les paroissiens

Le père Arnaud Bonnassies est la curé de la paroisse Vincennes-Saint-Mandé. (Crédit Gil Fornet/CDC)

Un café comme un parvis, l’espace entre la ville et l’église, c’était l’objectif poursuivi et il semble rempli. “Il n’y a pas que les catholiques qui viennent ici, fait remarquer Bénédicte. D’ailleurs, si le café était seulement dans les locaux paroissiaux, personne ne viendrait. Mais comme il a pignon sur rue, les gens n’hésitent pas à franchir la porte.” Comme ce jeune homme, “un étranger venu d’Inde, seul et parlant peu le français. Je lui ai conseillé de revenir lorsque la terrasse sera ouverte pour rencontrer de nouvelles personnes.” Dès que les règles du déconfinement le permettront, la paroisse pourra également accueillir des événements dans l’espace du rez-de-chaussée : des petits concerts ou des conférences. Le café est idéalement situé à côté des locaux paroissiaux, il pourra être réservé le soir ou le week-end à certaines activités pastorales.

Quelques lycéens de l’établissement d’en face ont aussi choisi d’intégrer l’équipe de bénévoles pour faire tourner le café. En attendant d’accueillir à table leurs pairs du collège et du lycée, avec des tarifs spécialement adaptés. “Nous avons souhaité des formules pour eux, pour qu’ils puissent venir s’installer une heure ou deux et venir travailler” ajoute Domitille Monville, qui concède dans un sourire que le bubble tea (un thé aromatisé) est à la carte. “C’est un peu chimique, mais c’est très à la mode chez les jeunes… il faut faire quelques concessions pour eux !

Bénédicte et Véronique, deux bénévoles du café de Saint-Mandé. (Crédit CDC)

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