La crypte de l’église Saint-François-d’Assise, théâtre d’une restauration

Depuis 1924, l’église Saint-François d’Assise ne cesse d’écrire son histoire que ce soit par sa situation dans le quartier ou par ses perpétuels travaux menés pour la plupart avec le soutien des Chantiers du Cardinal.

L’histoire remonte à la Grande Guerre

Quand, en 1914, le diocèse décide de créer une nouvelle paroisse, en sachant que depuis 1910 une chapelle dédiée à Notre-Dame du Sacré-Coeur accueillait déjà quelques paroissiens au 31 de la rue du Général Brunet, le quartier est en pleine expansion. La guerre sonne l’arrêt des travaux. Il faut attendre 1921 pour que la chapelle du niveau inférieur – la crypte – soit inaugurée sous le nom de Saint-Landry. Quelques années plus tard, l’église est construite en 1924 grâce au tiers ordre franciscain (association regroupant des laïcs) qui a trouvé des fonds pour les travaux et plébiscité par le diocèse, le nom de Saint-François-d’Assise lui est donné.

A l’intérieur, ce qui frappe, c’est la lumière. Comme dans les églises d’Ombrie en Italie, tout est clair. Sous une charpente qui imite le bois, les murs blancs appellent à la sérénité et les vitraux du bas diffusent des reflets dorés. En cet après-midi de mercredi saint, une femme s’approche du chœur. Il est recouvert d’une mosaïque qui vient des ateliers Mauméjean connus pour avoir couvert de vitraux bon nombre d’églises de France entre 1860 et 1970. Au pied du crucifix qui ressemble à celui de San-Damiano à Assise, Saint-François, à genoux devant l’évangile ouvert sur les mots Beati pauperes, reçoit les stigmates.

Vitraux de l'église restaurés lors d'une phase de travaux plus d'anciens.

Vitraux de l’église restaurés lors d’une phase de travaux plus d’anciens.

Des catholiques loin d’être majoritaires

Sur la colline, à deux pas du parc des Buttes-Chaumont, dans le quartier des « Amériques », la rue Mouzaïa dévale en pente entraînant avec  elle toute une suite de jolies petites maisons et la paroisse Saint-François-d’Assise. Avec son clocher à double toit et sa couleur ocre, l’église apporte un air d’Italie et s’inscrit en carte postale dans un quartier où les catholiques sont loin d’être majoritaires.

« C’est un quartier très mêlé. Sur le plan religieux d’abord. Il y a une très forte communauté juive installée depuis longtemps et une grosse présence musulmane qui habite du côté de la place des Fêtes », explique le père Hervé Guillez, curé de la paroisse, qui aime raconter : « Un jour en sortant de l’église avec des paroissiens, on a vu descendre d’un côté de la rue deux vieux Juifs et de l’autre côté, remonter deux jeunes musulmans. Nous on a traversé entre les deux. »

Presque une scène de film. Et en réalité une présence, signe de fraternité, qui, à l’exemple de Saint-François ose aller vers l’autre et évite que ça explose. Un bon point : « Pendant la procession des Rameaux, dimanche dernier nous avons traversé le parc et nous avons senti que notre foi était perçue de façon positive », ajoute le curé.

L’évangélisation par le théâtre

Sous l’église, la crypte. Une douzaine d’enfants sont réunis pour l’atelier-théâtre. Comme un certain Michel Serrault, qui a bénéficié du patronage de Saint-François-d’Assise, des enfants rêvent de devenir comédiens. Ils répètent  Le Roi David et Goliath  et Salomon et la Reine de Saba. De l’église à la crypte, deux ambiances qui se complètent. «  Et je veux t’adorer de tout mon cœur, tu es mon Dieu… » scande la bande-son. La comédienne Jade Lanza a pris le groupe en charge il y a trois ans. « Je suis là parce que le théâtre c’est mon métier et  que tout ce qui est rattaché à la Bible, à la religion sont des thèmes qui me passionnent. La première année, il y avait six enfants, la deuxième huit. Et cette année, nous avons rajouté un spectacle à Noël sur les Paraboles de Jésus, les enfants étaient dix et là ils sont douze », confie la jeune femme qui se réjouit de l’évolution du groupe. « Les enfants sont moins timides, plus calmes aussi. C’est une belle aventure et je commence à penser au spectacle de l’année prochaine sur Saint-François d’Assise, un beau personnage. Et ici c’est la paroisse idéale, non ? » Saudade, une paroissienne qui l’aide à monter les spectacles, et le père Hervé  approuvent. Les enfants applaudissent. Bientôt, ils auront à leur disposition une salle de spectacle à la hauteur de leur vocation.

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