« Je suis une enfant des Chantiers du Cardinal »

Dans la perspective des 90 ans des Chantiers du Cardinal (2021 !), nous vous proposons une promenade au travers des souvenirs remontés par différents fidèles. Ici, découvrez ceux de paroissiens du diocèse de Nanterre (92). Enfant de chœur ou jeune mariée, il/elle se remémore une église en particulier.

Christiane : la chapelle Ste Thérèse de Châtillon

« Je suis une enfant des Chantiers du Cardinal. Non pas de naissance, j’ai été baptisée dans ma ville d’origine, mais à partir de mes 10 ans, quand je suis venue vivre sur le Plateau de Châtillon, petit territoire où culminent trois communes : Châtillon, Fontenay-aux-Roses et Clamart. Le Plateau était un territoire loin du centre des ces communes et donc de l’église paroissiale de chacune d’elles – ce qui ne facilitait pas la pratique religieuse en ces temps où il n’était pas courant d’avoir une voiture, objet de luxe.

« Une petite chapelle dédiée à une nouvelle sainte »

L’objet des Chantiers du Cardinal était d’apporter aux populations la possibilité de la pratique religieuse. L’œuvre construisit en 1934/35, au numéro 5 de la rue Hoche à Châtillon, une chapelle de secours*, dédiée à notre toute nouvelle sainte : Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Bénie à l’Ascension 1936, cette chapelle dépendante de la paroisse de Châtillon fut confiée à l’un de ses vicaires, l’Abbé Louis Bertherat (…).

Notre-Dame-du-Calvaire, une des églises principales de Châtillon, avant la construction de la chapelle Ste-Thérèse. (Archives/CDC)

Arrivant début 1937 à proximité de la « petite chapelle », ma mère m’inscrivit au catéchisme, et je fus heureuse de découvrir le patronage sous la bienveillante autorité de Sœur Anne-Marie, de la communauté des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Et c’est ainsi que que je fis partie de la toute première cérémonie de communion solennelle dans la chapelle à la Pentecôte le 5 juin 1938. Un évènement fondateur qui entoure ma communion d’une aura particulière.

« On sentait pousser une paroisse »

Après ma communion, Mlle Marguerite, pieuse et bonne musicienne, m’avait gardée près d’elle  dans le groupe des filles à bonne voix qui entrainaient le chant des cantiques à la messe le dimanche. Je m’y familiarisais avec ses choix musicaux, ce qui fait que je pus la remplacer dans la fonction quand la maladie l’arrêta (…). Et bien sûr, plus tard, quand nous vint un nouveau prêtre qui désira faire une chorale, j’en pris tout naturellement la tête avec joie et passion (…).

J’ai vécu nombre des trente années qui ont suivi dans ce secteur, plus ou moins près de la chapelle, mais toujours en y étant fidèle. Elle développait ses activités, elle avait maintenant ses scouts, une équipe Notre-Dame. On finit même par y célébrer les mariages. Plus tard, dans les années 1960, elle fut même repeinte entièrement par nos hommes ! Et chaque année on y faisait une vente de charité. On sentait pousser une paroisse.

Cependant un ami de la chapelle – malheureusement devenu veuf – vint un jour me demander d’unir nos vies. Non sans peine, j’acceptai. Et où nous mariâmes-nous ? À la chapelle, bien sûr ! Toujours sous les auspices des Chantiers du Cardinal…  Cinq ans plus tard nous fûmes appelés à vivre ailleurs. La chapelle continua son chemin sans nous, qui revînmes de temps à autres voir les amis du Plateau. (…) »

Christiane B.-L.

*Chapelle qui permet d’étendre l’église lorsque celle-ci est trop éloignée ou de dimension insuffisante pour accueillir tous les fidèles. (Encyclopédie universelle 2012). Par ailleurs, avant la création des Chantiers du Cardinal, une autre association l’Œuvre des chapelles de secours avait été créée par le cardinal François Richard de la Vergne pour aider à la construction de nouveaux lieux de culte.

Anne-Marie : la chapelle St-Pierre à Boulogne

La chapelle Saint-Pierre à Boulogne-Billancourt date de 1933. (CDC/Archives)

« J’ai grandi dans une cité HLM de Boulogne-Billancourt, mon père travaillant à l’usine Renault. Notre paroisse était l’église de l’Immaculée Conception, proche des usines, détruite pendant un bombardement en 1942. [Dans l’attente] de la reconstruction de l’église, nous fréquentions la chapelle Saint-Pierre, rue du Fief, bâtie [en 1933 par l’architecte Charles Venner] par les Chantiers du Cardinal. [C’était] une jolie petite chapelle en brique rouge, accompagnée d’un pavillon où résidaient un gardien-bedeau et sa famille, sur un large terrain qui abritait aussi les locaux paroissiaux.

« Toute notre vie nous avons remercié le Ciel »

En 1962, alors que la crise du logement rendait le problème aigu, j’ai eu la chance de trouver un logement rue Albert-1er à Choisy-le-Roi, grâce aux Chantiers du Cardinal. Jeunes mariés et sans le sou, nous avions pu acquérir ce bien par le système de la location-vente. Nous y avons habité 3 ans et réalisé un apport pour nous lancer dans un projet de maison plus grande. (…) Toute notre vie nous avons remercié le Ciel de cette opportunité, ainsi que tous les acteurs de cette réalisation.

Aujourd’hui, alors que le problème du logement est si criant, je souhaite de tout cœur que de telles formules ouvrent un avenir possible à beaucoup de familles. Je ne crois pas que les Chantiers du Cardinal aient encore des programmes de logements, mais d’autres associations ont pris le relais. »

Anne-Marie D. (Epinay-sur-Orge)

En attendant la reconstruction de l’église de l’Immaculée Conception, les fidèles fréquentaient la chapelle Saint-Pierre pendant la Seconde guerre mondiale. (CDC/Archives)

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