Inscrite aux Monuments Historiques et considérée comme le dernier exemple parisien d’église à grand décor de style Art Déco, en plein cœur du quartier de Charonne à Paris, l’église Saint-Jean-Bosco est dans un état extrêmement préoccupant.

L’église Saint-Jean-Bosco (Paris 20ème arrondissement)
L’église Saint-Jean-Bosco est édifiée entre 1934 et 1938, dans le quartier populaire de Charonne, à l’Est parisien. C’est une œuvre « totale » par son architecture, ses fresques, ses mosaïques, ses vitraux et son mobilier dans le style Art Déco. Elle s’inscrit dans le renouveau de l’art sacré en France et le développement du béton armé. Construite par les Chantiers du Cardinal, à l’initiative des Frères Salésiens, elle est inscrite aux Monuments Historiques depuis 2001 mais son état nécessite désormais des travaux lourds, longs et extrêmement coûteux.
Un diagnostic inquiétant
Une étude de diagnostic technique et historique du clos-couvert réalisée en 2024 a montré que les interventions des années 1960 (mise en œuvre d’une sur-toiture) puis des années 2000 (interventions sur les claustras en béton armé et les vitraux) ou de 2021 (perron d’accès) avaient été insuffisantes, voire malencontreuses, ou qu’elles méritaient, avec le temps, de sérieuses remises en ordre. Il faut tout revoir.
La sur-toiture, réalisée en fibrociment amianté et en zinc, s’est en effet révélée fuyarde. La charpente en a subi les conséquences.

Un remplacement de la sur-toiture et des charpentes nécessaires
Les maçonneries et les vitraux sont aujourd’hui tellement dégradés que des morceaux de béton sont tombés au sol, menaçant les paroissiens, et que des verres manquent. Des infiltrations pénètrent même aussi par le perron central.

Des vitraux d’exception à restaurer
Les amateurs d’Art Déco comme les paroissiens ont pu s’en rendre compte lors d’une journée de visite organisée par les Chantiers du Cardinal, en juin 2025.
Un programme de restauration impressionnant
La restauration complète du clos-couvert devrait coûter, en première estimation, plus de 5 millions d’euros (toutes dépenses confondues), les travaux étant considérables et nécessitant notamment d’immenses échafaudages pour couvrir la toiture et intervenir sur les façades. La présence d’amiante et de plomb renchérit par ailleurs les coûts d’intervention.
Dans un premier temps, il faut impérativement mettre hors d’eau le bâtiment, remplacer les sur-toitures, restaurer la charpente et stopper la chute des claustras.
Mais il convient aussi d’envisager la restauration des murs gouttereaux de la nef (ouest et est) et du chœur, la dépose des verrières de doublage et la restauration des vitraux. Le programme est tel qu’un phasage est indispensable, probablement en quatre étapes, sur plusieurs années.

Même avec ce phasage, le financement de l’opération s’avère très compliqué. Bâtie après 1905, l’église n’appartient pas à la Ville de Paris, en application de la loi 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ; c’est le cas de 85 édifices religieux parisiens. Appartenant au Diocèse de Paris, tout repose sur les efforts de donateurs et de mécènes. Les Chantiers du Cardinal ont rapidement été sollicités à hauteur de 400 000 € mais cela ne suffira clairement pas au regard de la tâche. La première tranche de travaux envisagée s’élève déjà à 2 000 000 €…
Un chantier important, à suivre avec attention.