Découvrir le béton armé du clocher de Notre-Dame du Raincy (93)

Matériau innovant dans les années 1920, le béton armé utilisé pour bâtir Notre-Dame du Raincy (93) souffre des intempéries. Depuis plusieurs semaines, les ouvriers nettoient les colonnes du clocher pour reposer de la matière neuve. Reportage à plus de 40 mètres de hauteur.

 

 

15 étages d'échafaudages

Parfois le fer est déjà mis à nu, l’eau s’est infiltrée et, après une période de gel, a fait exploser le béton, découvrant les tiges de métal verticales qui donnent toute sa force à la matière. Le fer, rouillé, tout comme les guides horizontaux, apparait à l’air libre, le béton s’effrite…

[VOIR] Le projet de restauration de l’église

Vue des fers à béton (verticaux) et des guides (fils horizontaux) mis à nus avant restauration, sur une colonne du clocher de Notre-Dame du Raincy. (GF/CDC)

Du sol jusqu’au sommet du clocher, à plus de 40 mètres de haut, des parties manquantes, plus ou moins grandes, montrent les dégâts du temps sur ce monument historique, chef d’œuvre du patrimoine religieux : l’église Notre-Dame de Consolation du Raincy est surnommée « la Sainte Chapelle du béton armé ». La campagne de restauration devenait indispensable, elle se déroule en ce milieu d’année 2022 pour quelques mois, afin de redonner de l’éclat à l’église bâtie par les frères Perret en 1923.

Vue au sommet du clocher de l’église Notre-Dame du Raincy. (GF/CDC)

Mais parfois, les parties abîmées du béton sont encore invisibles à l’œil nu. C’est alors aux ouvriers de détecter, à la main, les endroits qu’il faudra restaurer. Armés d’un marteau, ils passent doucement l’outil sur la matière. « On fait sonner le béton, c’est la différence de son qui indique les endroits abîmés  » précise Rachid Essaifi, le chef de chantier. Il y a plus de 15 étages d’échafaudage et une grande surface de béton à contrôler afin de ne rien laisser passer. Le chantier de restauration est piloté par l’architecte Wandrille Thieulin, il s’achèvera à l’automne.

[LIRE] Visite de chantier au Raincy

Pour déterminer les parties de béton abimées, les ouvriers font « sonner » la matière avec un marteau. (GF/CDC)

Réparer l'armure du béton

Une fois la zone identifiée, il faut découper le béton à la disqueuse sur une assez grande surface et gratter pour faire apparaitre les fers et les guides de métal. L’armure du béton se dévoile. Après analyse, les ouvriers découpent et ôtent le métal abimé. « On fait ça pour chaque zone :  on installe de nouveaux guides horizontaux qui seront serrés, ce sont eux qui font tenir les fers verticaux, détaille le chef de chantier. On a des outils pour cela, évidemment, pas question de serrer à la main !  » Dans certains endroits, plus difficiles d’accès, il faudra des mains fines pour passer les guides et les outils… « Je n’ai pas encore résolu ce problème  » confie-t-il avec un sourire.

Une fois la partie abimée repérée, les ouvriers découpent la matière, ils vont remplacer les fers, resserrer les guides puis reposer du béton neuf. (GF/CDC)

Après ces opérations, et une fois que toute la surface aura été nettoyée, les ouvriers pourront à nouveau combler les manques. Comme l’église est classée Monument historique, il n’était pas question d’un béton ordinaire, plusieurs essais de couleur sont effectués afin de trouver celle qui se rapproche le plus du béton d’origine utilisé par les frères Perret en 1923.

Avant de poser du béton neuf sur les parties manquantes, plusieurs tests de couleurs sont réalisés. (GF/CDC)

« Ici, j’ai déjà fait des tests pour remettre du béton neuf sur les parties manquantes », indique le chef de chantier en montrant deux zones dans les étages supérieurs. Le test a été fait avec une truelle et un peu de matière sur une petite zone mais cette méthode serait bien trop longue et fastidieuse pour combler tous les trous sur le clocher. Les ouvriers utiliseront dont une sorte de grand moule – un coffrage – qui reprend la forme des colonnes. Garni de béton frais, le coffrage sera posé sur des surfaces plus larges pour remplir les manques puis la matière sèchera plusieurs jours. Mais le détail apporté à cette restauration sera poussé très loin : en fonction des endroits, le nouveau béton sera plus ou moins frotté pour faire apparaitre le gravier, tel qu’il apparait sur le reste de la colonne.

Pour restaurer le clocher de l’église Notre-Dame du Raincy, un échafaudage de plusieurs mètres est nécessaire. (GF/CDC)

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