Ste Thérèse à Boulogne : les paroissiens investis pour la rénovation des vitraux

Les vitraux du mur sud de l’Église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Boulogne-Billancourt ont été bénis lors d’une célébration fin septembre. Retour sur un chantier qui a mobilisé tous les paroissiens.

Architecte François Bévillard
Coût total 446 000 €
Notre contribution 30 000 €
Lieu Boulogne-Billancourt

Trois vitraux rénovés côté sud

C’est au cours de la traditionnelle messe de rentrée que le père Marc Ketterer a béni les vitraux rénovés de l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). D’abord parce que la date de la messe rentrée était la plus proche de la fête de sainte Thérèse. Mais aussi parce que la célébration lui a donné l’occasion de remercier tous ceux qui se sont investis dans le chantier. Et en premier lieu, les paroissiens. De la rédaction d’un livret explicatif à la mise en place d’une exposition sur l’histoire de l’église, en passant par la recherche de mécènes, chacun, selon ses compétences, a participé au projet.

Messe de rentrée à l’église Sainte-Thérèse de Boulogne-Billancourt

Le dimanche matin les paroissiens ont découvert, avec une certaine émotion, les vitraux restaurés… et certains détails invisibles jusque-là ! Après 6 mois de travaux et d’échafaudages, la récompense est belle. « À côté de moi, j’ai entendu des personnes dire que ces vitraux sont beaux » se réjouit Martine de Luca. Cette paroissienne confie qu’elle aussi regarde ces vitraux avec des yeux neufs. « Pourtant je suis en face depuis 43 ans ! »

Pendant les travaux l’église est restée ouverte, avec tout ce que cela implique en terme de bruit et en particulier de poussière. Mais cela n’a pas entamé le moral des paroissiens. « Ils sont venus nettoyer régulièrement ! » explique le père Marc Ketterer.

Il faut souffrir pour être beau… ça y est, nous le sommes ! Père Marc Ketterer

Le travail des Ateliers Loire

Pour la restauration des vitraux, l’architecte François Bévillard a fait appel aux Ateliers Loire à Chartres. Le travail a été délicat, une partie des vitraux sont en dalle de verre, c’est à dire que les morceaux de verre sont enchâssés dans du béton avec des jointures assez fines. Hervé Loire, maître-verrier a aussi remplacé les bordures claires par des verres plus en harmonie avec le chœur, supprimant un effet de contre-jour.

La bordure claire des vitraux a été remplacée par des couleurs plus harmonieuses avec le chœur de l’église

Le jour de la bénédiction, Hervé Loire confiait une certaine émotion en voyant ce chantier terminé. Il n’a pas tout à fait fini avec l’église Sainte-Thérèse puisqu’il doit encore réaliser un nouveau vitrail. Et pour cela, il va utiliser les morceaux de verres clairs qui ont été remplacés par du bleu. « Ce vitrail sera installé dans la descente au pied de la crypte, explique-t-il. La mémoire souvent s’estompe, ces vitraux resteront comme un témoignage du passé. »

En novembre 2018, l’église a reçu le label « patrimoine d’intérêt régional » accordé par la région Île-de-France. Ce nouveau label est destiné à préserver le patrimoine francilien non classé et non inscrit aux Monuments Historiques.

"Mon père était le sacristain de l'église pendant la guerre"

André, lecteur de la revue des Bâtisseurs, a souhaité partager quelques souvenirs de cette église.

« Mon père, Georges en fut le sacristain des premiers mois de la guerre jusque courant 1949, avec une interruption pour cause de bombardements. Il était très fier d’arborer la très grosse clé ouvragée donnant accès à l’église. À l’époque, le curé était le père Brasdu.

Nous habitions rue de l’ancienne mairie, puis dans le pavillon en briques jouxtant l’église. Ma mère avait ouvert un « magasin de vente d’objets de piété » dans le local à gauche. J’ai très bien connu la petite chapelle dans l’allée derrière le chœur de l’ église, conduisant au presbytère. Je me souviens aussi du dimanche 4 avril 1943, à l’heure du déjeuner, il y a eu un bombardement avec des bombes dans la cour de l’ école Saint-Philippe, alors qu’une séance récréative était prévue dans l’après-midi !

Dans les années 1990, ma mère avait rédigé un texte évoquant ses souvenirs et donc l’histoire de cette église. « En 1940, nous avons alors connu à la paroisse Sainte-Thérèse, un certain M Deligny, qui a fait entrer Georges comme sacristain. C’est là que le père Brasdu, curé de la paroisse, a caché un certain nombre de réfugiés, réfractaires au départ en Allemagne. Ces réfugiés étaient abrités dans les sous-sols de l’église, et puisqu’ils ne pouvaient sortir, ont été employés à creuser ce sous-sol pour en faire une crypte.  Des paroissiens assuraient leur subsistance.

C’est également là qu’un soir, le père Brasdu rassembla quelques hommes de la paroisse (dont Georges), en leur faisant promettre le secret absolu.  Dans la journée, un trou avait été creusé dans la cour de l’école des filles et la nuit venue, deux camions y déposèrent les trois dernières cloches de la fonderie de Villedieu-les-Poëles, que les Allemands auraient emmenées chez eux pour les refondre en canons. Même moi, je n’ai su ce qui s’ était passé qu’à la Libération lorsque les cloches furent déterrées, baptisées et hissées dans le clocher. »

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Restaurer l’église Sainte-Thérèse à Boulogne-Billancourt (92)
25.04.2018 Projet

Restaurer l’église Sainte-Thérèse à Boulogne-Billancourt (92)

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