Bâtir l’église Saint-Jean-XXIII à Clichy-sous-Bois (93)

Architecte Philippe et Olivier Roux
Coût total 3 378 345 €
Notre contribution 800 000 €
Fin du chantier 30/11/2021

Présentation

Une nouvelle église est construite pour remplacer la chapelle Jean-XXIII démolie en 2016/2017 lors des travaux du tram T4. Cette église baptisée Saint-Jean-XXIII, est implantée sur un ancien lieu de pèlerinage marial, dédié à Notre-Dame-des-Anges. Ce nouveau bâtiment comporte une église, des salles de réunion et un logement destiné à une communauté religieuse contemplative.

Pour ce grand projet, initié par la paroisse et le diocèse de Saint-Denis, les Chantiers du Cardinal sont sollicités à hauteur de 800 000 euros. Les travaux commencés au milieu de l’année 2020, devraient s’achever pour l’automne 2021.

Vue d’architecte de la nouvelle église Saint-Jean-XXIII (à droite). (Philippe et Olivier Roux Architectes)

Un sanctuaire marial très ancien

La nouvelle église Saint-Jean-XXIII est bâtie dans un très ancien sanctuaire marial, lié à un miracle survenu au XIIIe siècle. Trois marchands, traversant la forêt de Bondy, sont agressés et ligotés par des brigands. « Après trois jours, sentant leurs forces diminuer, ils en appellent à l’intercession de Marie, raconte monseigneur Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis. La Vierge envoie des anges pour les libérer. L’année suivante les marchands reviennent sur les lieux avec leurs familles pour rendre grâce. » C’est le début d’un pèlerinage qui rassemblera chaque année des milliers de fidèles. Plusieurs chapelles sont bâties successivement près d’une petite source.

Chapelle Notre-Dame-des-Anges à Clichy-sous-Bois. (Diocèse de Saint-Denis)

En 1808, la chapelle Notre-Dame-des-Anges est bâtie, ainsi que trois croix de bois quelques années plus tard, pour rappeler l’histoire de ce miracle. À la fin du XIXe siècle, on compte chaque année plusieurs milliers de pèlerins sur le site. La chapelle fait l’objet de travaux de rénovation au siècle suivant, mais la source est bouchée pour des raisons de sécurité.

« Au début du XXe siècle des trains partaient de la gare Saint-Lazare à Paris pour conduire les pèlerins à Notre-Dame-des-Anges ! Il y avait même une grande fête votive, précise l’évêque de Saint-Denis. Puis, le pèlerinage est tombé un peu en désuétude et c’est mon prédécesseur, monseigneur Olivier de Berranger qui l’a relancé. »

Dans les années 1960, ce quartier de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) change de visage, l’heure est à la construction de grands ensembles d’habitations bon marché autour du sanctuaire. Une chapelle Jean-XXIII et des salles paroissiales sont édifiées à quelques centaines de mètres de la chapelle Notre-Dame-des-Anges.

En 2016/2017, le tracé du tram T4 impose la démolition de la petite chapelle Jean-XXIII. Mais l’évêque de Saint-Denis, invite immédiatement les fidèles à réfléchir à la construction d’une église ailleurs  pour remplacer la chapelle et maintenir ce lieu de pèlerinage.

Démolition de la chapelle Jean-XXIII. (Archives CDC)

Un lieu de rencontre et de dialogues

Situé dans un quartier populaire de la ville de Clichy-sous-Bois, proche de Montfermeil, la petite chapelle Notre-Dame-des-Anges est l’un des rares signes de présence chrétienne dans la ville. Le sanctuaire marial est déjà très fréquenté par des chrétiens, dont les fidèles tamouls et chaldéens. En construisant une nouvelle église, la paroisse souhaite ouvrir un lieu de rencontre et de dialogue entre les communautés, en particulier avec les musulmans.

Vue intérieure de la nouvelle église Saint-Jean-XXII. (Philippe et Olivier Roux Architectes)

« Nous souhaitons développer ici un pôle spirituel, un lieu où les groupes pourraient s’arrêter une journée ou une demi-journée, souligne monseigneur Delannoy. Par ailleurs, le diocèse de Saint-Denis ne bénéficie pas de la présence d’une communauté religieuse contemplative. » La nouvelle église Saint-Jean-XXIII abritera les Sœurs franciscaines missionnaires de Marie qui assureront – en coordination avec le curé recteur – l’accueil dans le sanctuaire. Car l’idée c’est bien d’ouvrir largement le lieu. « Si on construit une église, c’est pour qu’elle soit ouverte, rappelle l’évêque de Saint-Denis. Pour moi une église fermée toute la semaine, c’est un contre signe. Et contrairement à ce que l’on pense, nos église ne sont pas vides, bien au contraire ! »

La nouvelle église en forme de grange. (Philippe et Olivier Roux Architectes)

Une nouvelle église

Pour mieux accueillir les fidèles, le projet prévoit la construction d’une église assez simple mais visible de loin.  Un bâtiment doit s’intégrer harmonieusement dans ce quartier de la banlieue parisienne, en tenant compte du bois et de la chapelle déjà existante. « On a lancé un groupe de travail avec l’évêque, le vicaire, les personnes du diocèse, etc., explique Philippe Roux l’un des deux architectes en charge du projet. Un jour on a prononcé le mot « grange » et cela a eu du sens. Un bâtiment simple dont on perçoit la structure. »

Philippe Roux aurait aimé pouvoir choisir lui-même les arbres qui serviront pour bâtir la nouvelle église. « Économiquement ça n’était pas possible… mais nous veillerons à ce que le bois utilisé provienne de forêts certifiées durables. » La nouvelle construction sera autant que possible respectueuse de l’environnement tout en gardant à l’esprit l’usage du bâtiment. Pas question, par exemple, d’installer des panneaux solaires sur le toit de l’église. « Ils ne sont pas nécessaires pour une construction comme celle-ci. Il ne s’agit pas d’avoir une grande chaufferie pour de nombreux logements, mais plutôt d’un système de chauffage performant qu’on peut allumer à distance et qui chauffe une heure par jour » explique Philippe Roux.

L’église Saint-Jean-XXIII sera dotée d’un toit en tuiles de bois. (Philippe et Olivier Roux Architectes)

« La grange du Seigneur » selon monseigneur Delannoy, a un toit en tuiles de bois grisées par le temps pour s’harmoniser avec le bois tout proche. Les grilles du déambulatoire qui court le long du bâtiment peuvent s’ouvrir les jours de forte affluence. Des grilles dessinées « comme une métaphore des branches des arbres voisins » souligne l’architecte. Car le site s’adapte aux usages : passant de 100 à 250 places assises selon les besoins. Il suffit pour cela de déplacer les cloisons mobiles des salles de réunion.

Depuis l’intérieur, une grande partie du pignon derrière le chœur est vitrée pour permettre aux fidèles de voir pleinement la petite chapelle Notre-Dame-des-Anges. « Le sol en béton poncé est réalisé spécialement par les Compagnons du devoir, précise Philippe Roux, tout comme l’autel. On a aussi soigné l’acoustique, c’est très important, et la lumière en faisant appel à des éclairagistes qui travaillent habituellement pour des musées. »

Le bâtiment comporte aussi une mezzanine, il s’agit de l’espace réservé pour loger une communauté religieuse chargée d’animer le sanctuaire. « C’est un lieu de culte mais aussi un lieu d’habitation, c’est formidable que des gens vivent là. » Les trois croix rappelant le miracles des marchands du XIIIe siècle seront installées sur le site, pour rappeler l’histoire et la présence des chrétiens dans cette forêt devenue quartier populaire de la banlieue parisienne.

Détail des travaux

  • Création d’une église de 135 à 245 places assises
  • Aménagement de quatre salles de réunions avec cloisons modulables
  • Création d’un logement pour une communauté religieuse
  • Aménagement d’un déambulatoire

Allée Jean Jaurès, Clichy-sous-Bois

Galerie

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