Bâtir un presbytère à Gennevilliers

Architecte Homework
Coût total 1 750 000€
Notre contribution 130 000€
Fin du chantier 31/12/2022

Bâtir un presbytère

À Gennevilliers (Hauts-de-Seine), un presbytère sortira bientôt de terre à côté de l’église Notre-Dame-des-Agnettes. Un immeuble qui sera aussi le signe visible de la réorganisation de la paroisse depuis le départ de la Mission de France. Celle-ci animait les trois clochers du secteur depuis plusieurs années. C’est dans cette nouvelle construction que seront logés les deux prêtres nommés par Mgr Matthieu Rougé, évêque du diocèse de Nanterre, en septembre 2020.

Pour ce projet, les Chantiers du Cardinal apportent un soutien financier de 130 000 euros. Les travaux démarrent à l’été 2021. Ils vont durer globalement une année.

Le presbytère sera bâti à côté de l'église Notre-Dame-des-Agnettes. (Crédit Homework)

Le presbytère sera bâti à côté de l’église Notre-Dame-des-Agnettes. (Crédit Homework)

La Mission de France à Gennevilliers

Il y a trois églises à Gennevilliers, mais aucun presbytère. Une particularité liée à son histoire : les catholiques de cette ville de la banlieue parisienne étaient accompagnés par la Mission de France depuis plusieurs dizaines d’années. Dans cette commune de 50 000 habitants, la mairie est communiste depuis 1934. Et les prêtres au travail (appelés autrefois les prêtres ouvriers) travaillent… Ils sont caristes, chercheurs, enseignants, ouvriers dans le bâtiment, aumôniers d’hôpital ou de prison. Et c’est d’ailleurs pour rester au plus près des paroissiens et des habitants, qu’ils habitent comme eux. À Gennevilliers, les prêtres au travail logeaient notamment dans des appartements situés dans les quartiers populaires.

[VOIR] Dossier spécial : le logement des prêtres (Revue 233)

Mais avec la fin de la convention canonique, le service de la Mission de France s’achève. Il reste à Gennevilliers un seul prêtre au travail : le père Hervé Rouxel. Il accompagne dans leurs nouvelles missions les deux prêtres diocésains, nommés en septembre 2020. Le père Olivier Joncour est le curé de la paroisse, assisté par un vicaire le père Dominique Darchis. Des prêtres qu’il faut bien sûr loger, sauf que dans cette partie de la banlieue parisienne, les prix de l’immobilier s’envolent. « Il y a des secteurs de HLM avec presque 60% de logements sociaux», précise le père Olivier Joncour. Certains quartiers bénéficient de rénovation, mais le curé souligne qu’une partie des habitants vit encore dans des conditions difficiles. « En décembre 2020, la mairie a distribué des colis alimentaires. Il reste des zones de pauvreté. »

Presbytère de Gennevilliers. Vue d'architecte (Crédit Homework)

L’immeuble comportera huit logements. Vue d’architecte (Crédit Homework)

Loger les prêtres de la paroisse

Acheter et rénover une maison se révèle trop coûteux dans une ville qui vit pleinement les changements immobiliers liés au travaux du Grand Paris. «Dans quelques années avec les transports en commun, on sera à 10 minutes de La Défense » fait remarquer le père Olivier Joncour. La paroisse choisit alors d’utiliser le terrain adjacent à l’église Notre-Dame-des-Agnettes. C’est là que d’ici 2022, s’érigera un immeuble, abritant le presbytère. Le site, en plein centre-ville, est aussi stratégique, « il y a un enjeu : être visible dans ce quartier » rappelle le père Joncour. L’emplacement du nouveau presbytère permet aussi de se rendre rapidement dans les deux autres églises de la ville.

« Il s’agit d’un petit immeuble de deux étages, il comportera huit logements » détaille Yves Laporte-Magny est le bénévole chargé de suivre le déroulement des travaux. Au fil des réunions avec le diocèse, la paroisse mais aussi la mairie, il s’assure que le dossier avance et que les délais seront respectés. « Le chantier débutera avant l’été 2021, mais aujourd’hui les délais sont toujours un peu plus longs. Tout devrait être achevé d’ici 14 mois. » La paroisse, qui fait partie du label Église verte, souhaiterait faire installer des panneaux solaires. Une démarche écologique, pour poursuivre l’action déjà lancée par l’équipe d’animation paroissiale qui développe les espaces verts d’une autre église de la ville, Saint-Jean-des-Grésillons.

Vue d'architecte, entrée du presbytère. (Crédit Homework)

Vue d’architecte, entrée du presbytère. (Crédit Homework)

Avant même le premier coup de pelleteuse, Yves Laporte-Magny garde l’œil sur les plans d’aménagement. « Concernant les appartements des prêtres, ce sont des logements individuels classiques, explique-t-il, autour de 40m2, avec une cuisine et une salle de bains. Aujourd’hui les prêtres ont besoin d’avoir un espace personnel. » Pour conserver un esprit de fraternité, l’un des huit appartements sera utilisé par la paroisse pour les réunions et les moments de rencontres. Deux bureaux permettront aux prêtres de recevoir les personnes pour un accompagnement spirituel, une préparation de mariage ou vivre le sacrement de réconciliation. Les cinq autres logements seront loués, ce qui permettra de financer une partie des travaux de construction. La paroisse bénéficie – en plus du soutien des Chantiers du Cardinal – de l’aide via l’opération Barnabé (des paroisses un peu plus aisées font un don pour permettre la réalisation du projet).

Les Chantiers du Cardinal à l'oeuvre en 2009

En 2009, les Chantiers du Cardinal avaient financé la moitié des travaux de construction d’un centre paroissial dans une autre église de Gennevilliers: Saint-Jean-des-Grésillons. De vastes locaux (580m2) destinés aux jeunes et aux actions solidaires. Vingt ans après, les scouts, lycéens, collégiens et jeunes de l’Action Catholique des Enfants s’y rassemblent toujours. C’est là que se déroulent aussi des repas partagés ou des ateliers autour des cuisines du monde. À l’occasion des travaux, l’église avait  été repeinte à l’intérieur et à l’extérieur, et l’électricité revue. Une croix avait aussi été installée sur le toit de l’église, datant de 1920, la rendant plus visible dans un quartier réaménagé par la mairie.

C’est aussi dans ce centre paroissial qu’un logement avait été aménagé pour un foyer d’accueil : une mission de quelques années, confiée par le diocèse de Nanterre, à un couple avec de jeunes enfants. « Depuis 2009, c’est la troisième famille qui s’est installée, comme le souligne le père Joncour. Et nous voyons les liens bénéfiques que cela créé entre les personnes, entre les générations. »

[VOIR] Les projets dans le diocèse de Nanterre

26 Rue Louis Calmel, Gennevilliers

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