Michel Aupetit, un évêque des Chantiers, archevêque de Paris

Médecin généraliste, artiste, écrivain, séminariste à 39 ans, guitariste amoureux de Brassens, chanteur, spécialiste de la bioéthique, vicaire général à 55 ans, archevêque de Paris à 66 ans… A ce palmarès, on peut ajouter « président des Chantiers du Cardinal » de 2013 à 2017. Quatre années d’accompagnement d’une œuvre de solidarité où il a pu montrer à quel point, évêque auxiliaire d’un diocèse dit riche, il était attentif aux paroisses peu favorisées.

Monseigneur Aupetit a été président des Chantiers du Cardinal de 2013 à 2017.

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance »

Devise épiscopale de monseigneur Michel Aupetit

Comme celui qui l’a ordonné prêtre le 24 juin 1995, le cardinal Jean-Marie Lustiger, monseigneur Michel Aupetit, évêque de Nanterre jusqu’à sa prise de fonction le 6 janvier 2018 comme 31e archevêque de paris, est un homme atypique. Il n’a pas été scout, ni enfant de chœur, son père cheminot n’avait jamais mis les pieds à l’église… Ces caractéristiques lui ont peut-être plus qu’à un autre donné le goût de s’intéresser à la maison de Dieu. « Issu d’une famille peu pratiquante, j’ai toujours été très attaché à la prière personnelle et à la messe dominicale », exprimait-il sur Radio Notre-Dame.

Amoureux des arts et de l’architecture, lui-même artiste sculpteur et musicien, il a accompagné pendant quatre ans les Chantiers du Cardinal avec toute la passion et l’attention nécessaires à une œuvre dont la mission est de donner un toit à l’évangélisation. De 2013 à 2017, Mgr Michel Aupetit, malgré sa charge d’évêque auxiliaire de Paris puis d’évêque de Nanterre, a soutenu de façon très concrète l’évolution et la modernisation de l’institution fondée par le cardinal Jean Verdier en 1931. En bon médecin généraliste, qu’il a été pendant onze ans à Colombes, il a posé des diagnostics et suggéré des initiatives comme celles d’écrire à tous les prêtres de son diocèse de donner une visibilité à la journée de quête impérée. Sensible à la communication, il se prêtait au tournage des vidéos et prenait le temps d’écrire une rubrique dans la revue des « Bâtisseurs d’églises ». Dans son dernier « Regard », il insistait « Les Jeunes ne sont pas l’avenir de l’Église mais son présent ». Ce présent qu’il incarne à merveille.

Un enfant de la région parisienne

Installation de Mgr Michel Aupetit, nouvel évêque de Nanterre – mai 2014

Né le 23 mars 1951 à Versailles, il a une solide connaissance du territoire parisien et plus largement de la région d’Île-de-France et de ses 12 millions d’habitants. Il a donc un lien particulier avec le territoire d’action des Chantiers du Cardinal. Sa devise épiscopale, une phrase tirée de l’Évangile de Jean, « Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance », illustre bien l’attention qu’il porte aux paroisses peu favorisées comme celles de son diocèse de Nanterre : Asnières, Villeneuve-La-Garenne, Clichy… Il racontait avec humour qu’il croisait souvent des paroissiens passés par son cabinet. Enfant, il rêvait de devenir médecin de campagne « parce qu’il ne supportait pas de voir souffrir ceux qu’il aimait ! ». Lorsque les demandes de travaux, émanant des diocèses étaient présentées en conseil d’administration, il insistait : « Les projets phares montrent la vitalité de l’Église. Ce n’est pas pour autant qu’il faut négliger des demandes de remplacement de canalisations car la paroisse n’a pas les moyens de se le payer ». Bien sûr, particulièrement sensible au projet pastoral que permettrait un projet, il restait pragmatique, vigilant à sa fiabilité et à l’engagement financier qu’il représentait : « Combien de m² construit-on? Est-on sûr de pouvoir accueillir suffisamment de personnes ?… »

Que d’événements partagés

Cinquantenaire du diocèse de Nanterre, stade Yves-du-Manoir, Colombes – juin 2017

Chaleureux et disent certains « bon vivant », Mgr Michel Aupetit a partagé nombre d’événements avec les Chantiers du Cardinal. Il dit « tenir énormément à ce qui rapproche les personnes ». Assemblées annuelles des délégués, premières pierres ou consécrations de projets soutenus par l’œuvre, rencontres amicales dans les bureaux… autant de moments où il a pu manifester son attention aux autres et prodiguer des remerciements souvent avec humour aux bénévoles. Dernièrement, le 10 octobre 2017, pour l’inauguration du centre Saint-Jean-Paul-II à Colombes, il a rappelé dans son homélie que « Le Christ n’était pas venu pour être servi mais pour servir ».

Un franc-parler mais également une grande délicatesse quand il s’informe de problèmes familiaux, de travail ou de santé. Joyeux, il sait éviter avec une pirouette une critique ou un sujet délicat. Cela ne veut pas dire qu’il refuse d’aborder les sujets sensibles au contraire. Simplement, il veut le faire de façon approfondie et non entre deux petits gâteaux. Preuve en est la demi-douzaine d’ouvrages qu’il a écrits sur des thèmes sensibles : « La mort et après ? », « L’embryon, quels enjeux ? » ou ses prises de position sur le mariage pour tous ou la PMA… Il saura se mouvoir dans les hautes sphères étatiques et répondre à d’autres sujets délicats comme celui de la laïcité. Aucun doute là-dessus, sa voix de pasteur portera justement dans la société. Car Mgr Aupetit est également un homme prudent. Il se laisse le temps du discernement, ayant refusé toute interview avant sa prise de fonction.

Une carrière fulgurante

À 75 ans, date de la retraite épiscopale, Mgr André Vingt-Trois quitte ses fonctions fatigué par une longue hospitalisation après douze ans de sacerdoce. Accepter la mission donnée par le pape François est un nouveau défi à relever dans une carrière fulgurante. Dans une interview donnée à Paris Match en 2015, Mgr Aupetit soulignait « Je n’ai jamais eu de plan de carrière, Dieu m’a donné rendez-vous sur le tard ». Avec ce parcours singulier, cette ascension éclair, qui sait, rêvons-un peu … un ancien évêque des Chantiers pourrait-il devenir pape un jour ? En attendant, comme le lançait le pape Jean-Paul II aux jeunes « Si vous devenez ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier » Michel Aupetit va allumer le feu de l’espérance au diocèse de Paris.

Galerie

Voir l’album

Seul votre don nous permet d’agir

Faire un don